PROJET n° 26

ATLAS

Autonomie, continuité, résilience

En France, 300 000 jeunes sont placés en protection de l’enfance et cumulent traumatismes et ruptures de parcours, entraînant pour 50 % d’entre eux des troubles psychologiques majeurs et, pour 40 %, une sortie sans diplôme ; ARSEA en accompagne 8 500 au sein de 20 structures du Grand Est. Ces échecs répétés nourrissent un sentiment d’impuissance qui dégrade la santé mentale et freine toute construction de l’autonomie. ATLAS (Accompagnement Traçable vers l’Autonomie Solidaire) étend SILAO (notre logiciel usager intern) en appliquant aux 13–21 ans des parcours coordonnés inspirés de la santé publique, fondés sur un protocole standardisé par âge, une traçabilité numérique afin de prévenir les ruptures et valoriser chaque progrès.

QUEL PROBLÈME ON VEUT RÉSOUDRE ?

Une population à haut risque en santé mentale

On accompagne depuis 1946 des jeunes en protection de l'enfance. ATLAS est conçu EXCLUSIVEMENT pour les 8 500 jeunes accompagnés par ARSEA : Outil interne qui s'appuie sur notre Passeport Autonomie papier déjà déployé. Ce qu'on voit sur le terrain, c'est une accumulation de ruptures qui détruit tout ce qu'on construit avec eux.

Les chiffres donnent le vertige :

  • 300 000 jeunes concernés en France - 8 500 jeunes ARSEA
  • 50 à 70% ont des troubles psychologiques (contre 10-15% chez les autres jeunes)
  • Le taux de stress post-traumatique est 6 fois plus élevé
  • Le risque suicidaire est 3 fois supérieur
  • 40% sortent sans diplôme
  • 20% se retrouvent à la rue dans l'année qui suit leur majorité

Des ruptures à répétition qui détruisent tout

  • Ces jeunes changent en moyenne 3 à 5 fois de foyers avant leur majorité. Et à chaque changement, c'est la catastrophe :
  • Le suivi psychologique s'interrompt
  • Les documents de santé se dispersent où se perdent
  • Les démarches administratives en cours sont oubliées (renouvellement MDPH raté, dossier Parcoursup incomplet, ouverture de compte bancaire jamais finalisée)
  • Le nouvel éducateur repart de zéro sans avoir accès à l'historique complet

L'exemple de Nolan, 18 ans

Nolan a été placé à 11 ans. En 7 ans, il a vécu dans 4 foyers différents. Voilà ce que ça a donné concrètement :

  • Il a vu 5 psychologues différents. Jamais plus de 6 mois avec le même. Résultat : aucun suivi thérapeutique réel
  • Son carnet de santé est introuvable
  • Son renouvellement MDPH a été raté. Il a perdu 6 mois de droits et d'allocations
  • Il a été orienté par défaut dans une filière qui ne l'intéressait pas et sans accompagnement MDPH= décrochage=expulsion

Il m'a dit un jour : "J'ai l'impression que je ne compte pour personne. Dès que ça commence à aller mieux avec quelqu'un, je change de foyer et tout recommence."

Le cercle vicieux qu'on observe tous les jours

  • Le jeune change de foyer ou d'éducateur référent
  • Les démarches administratives en cours sont oubliées ou mal transmises
  • Ça rate : MDPH non renouvelée, orientation par défaut, compte bancaire jamais ouvert, rendez-vous et bilans médicaux perdus
  • Le jeune accumule les échecs concrets
  • Il développe un sentiment d'impuissance : "De toute façon, j'y arrive jamais"
  • Ses troubles psychologiques s'aggravent (anxiété, dépression, perte de confiance)

Il devient impossible de construire une vraie autonomie

Pourquoi cette situation persiste ?

Contrairement à d'autres populations vulnérables qui bénéficient de parcours de soins coordonnés (par exemple PEGASE pour les enfants placés de 0-7 ans, généralisé en 2026), les adolescents et jeunes majeurs naviguent dans un système où :

  • Aucun protocole national ne définit les étapes clés du parcours vers l'autonomie
  • Les documents se perdent à chaque changement de structure
  • Les échéances critiques sont ratées faute de coordination
  • Les nouveaux référents repartent de zéro
  • Aucune traçabilité numérique n'assure la continuité

Il existe des preuves que les approches protocolisées fonctionnent pour d'autres publics. Il est temps de les transposer aux 13-21 ans de la protection de l’enfance.

 

NOTRE SOLUTION : ATLAS

SILAO = notre logiciel interne ARSEA (dossiers administratifs des 8 500 jeunes)

On a déjà créé les outils en version papier (le Passeport Autonomie, qu'on utilise dans nos structures). Ça marche bien, mais le papier a ses limites : il se perd, il ne peut pas envoyer de rappels automatiques, et dès qu'on change d'éducateur, il faut tout retransmettre à la main.

L'idée d'ATLAS, c'est de garder ce qui marche dans notre outil papier et de le passer en numérique pour :

  • Assurer la continuité même quand l'éducateur change
  • Ne plus jamais rater les échéances critiques
  • Donner au jeune une vision claire et valorisante de son parcours

Les 5 piliers d'ATLAS

1. Protocole standardisé par âge

Des étapes clés à valider pour chaque tranche d'âge (13-14 ans / 14-15 ans / 16 ans / 17 ans / 18 ans+). Plus d'improvisation, on sait ce qui doit être fait à quel moment.

2. Traçabilité numérique complète

Tous les documents, toutes les démarches, tout l'historique centralisé. Le parcours ne se perd plus, même si les acteurs changent.

4. Approche sensible au trauma

Outils cliniques validés (CNAPE/HAS) intégrés : exercices de régulation émotionnelle, identification des lieux de sécurité, cartographie du réseau de soutien.

5. Valorisation des progrès

Visualisation concrète des avancées via la roue d'autonomie. On accumule les réussites au lieu de pointer les manques.

Concrètement, comment ça marche ?

  • Données SILAO existantes enrichies ATLAS
  • Hébergement HDS interne ARSEA
  • Accès restreint : éducateurs/jeunes/familles ARSEA uniquement
  • Sécurité maximale : données mineurs vulnérables protégées

  1. Pour le jeune : son parcours, ses progrès

Il aurait accès à tout depuis son smartphone :

Sa roue d'autonomie : une visualisation en radar sur 8 dimensions (santé, scolarité, logement, budget, insertion pro, droits, famille, parcours ASE). Elle se remplit au fur et à mesure qu'il progresse

Son coffre-fort numérique : tous ses documents au même endroit (carte d'identité, carnet de santé, bulletins scolaires, notifications MDPH, diplômes, RIB). Accessibles même s'il change de foyer

Ses alertes personnalisées : des rappels aux bons moments. Par exemple : "Dans 30 jours, ton titre de séjour expire" ou "N'oublie pas de finaliser ton dossier Parcoursup avant le 15 mars"

Ses outils de régulation : des exercices simples quand ça va pas (respiration, identification de ses lieux de sécurité, cartographie de son réseau de soutien)

→ Impact santé mentale : renforce le sentiment de contrôle, valorise les acquis, réduit l'anxiété

  1. Pour l'éducateur : continuité et protocole

Un protocole par âge : des étapes clés à valider. Par exemple, à 16 ans : recensement citoyen + ouverture compte bancaire + réflexion orientation post-3ème

L'historique complet du jeune : même en cas de remplacement, le nouvel éducateur a accès à tout le parcours

Des alertes automatiques : l'application nous prévient 6 mois, 3 mois, puis 1 mois avant chaque échéance critique

→ Impact : même si l'éducateur change, le nouveau a tout l'historique

  1. Pour la famille : lien et transparence

Accès sécurisé et limité pour :

Voir la progression de leur enfant (roue d'autonomie)

Être informés des échéances où leur signature est obligatoire

Garder un lien sans être intrusifs

L'interopérabilité pensée dès le départ

On ne veut pas créer un énième outil isolé :

Avec SILAO (logiciel interne) : récupération des données ASE déjà saisies (pas de double saisie)

La sécurité, on ne rigole pas avec ça

On parle de données ultra-sensibles : mineurs vulnérables, informations médicales, psychologiques, parfois judiciaires.

Ce qu'on prévoit :

  • Hébergement certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé)
  • Accès hiérarchisés et tracés : chacun ne voit que ce dont il a besoin
  • Consentement éclairé du jeune
  • Droit à l'effacement total respecté
  • Audit de conformité RGPD avant tout déploiement

Les fondements scientifiques

On s'appuie sur :

  • Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la protection de l'enfance (2021)
  • L'approche "sensible au trauma" (CNAPE, 2020)
  • Les recherches sur les parcours coordonnés en santé publique
  • Les travaux sur le sentiment d'efficacité personnelle et la santé mentale (Bandura)

Les impacts visés

Court terme (6 mois) :

Réduction du stress lié aux démarches

Amélioration du sentiment d'efficacité personnelle

Diminution des rendez-vous ratés

Moyen terme (1-2 ans) :

Réduction des ruptures de suivi psychologique

Amélioration de l'estime de soi

Meilleure continuité malgré les changements

Long terme (3-5 ans) :

Réduction du décrochage scolaire

Diminution des ruptures à la majorité

Amélioration de l'insertion sociale et professionnelle

Réduction des coûts sociaux

 LES COMPÉTENCES QU'ON CHERCHE POUR LE HACKATHON

On sait faire notre métier d'éducateurs, on a une équipe spécialisée en santé mentale et trauma. On a besoin de personnes qui savent faire la partie technique.

En priorité :

Développeur ou développeuse mobile

React Native ou Flutter, pour iPhone et Android. Quelqu'un qui a l'habitude de créer des interfaces simples et accessibles pour des publics fragiles (troubles DYS, troubles de l'attention, difficultés cognitives). Si tu connais les applis "offline first" qui marchent sans connexion stable, c'est parfait.

Designer UX/UI spécialisé accessibilité

Tu sais créer des interfaces simples, rassurantes, et pas infantilisantes. Les jeunes qu'on accompagne ont parfois du mal à se concentrer, certains sont dyslexiques, d'autres ont des troubles de l'attention. Tu maîtrises Figma ou Adobe XD pour prototyper vite.

Expert ou experte en sécurité et RGPD

Tu connais les certifications HDS, les obligations CNIL, et tu sais concevoir une architecture sécurisée pour des données de mineurs + données de santé.

Ce serait super d'avoir aussi :

Un ou une data scientist pour concevoir la roue d'autonomie et les indicateurs

Ce qu'on apporte :

80 ans d'expérience en protection de l'enfance (ARSEA, 20 structures Grand Est)

Outils papier validés

Éducateurs , Psychologues et jeunes disponibles pendant le hackathon pour tester

Soutien de notre direction

Persones et parcours utilisateurs déjà pensés

L'objectif du hackathon (50h)

On ne fera pas une appli complète en un week-end. On vise :

  • Un prototype fonctionnel sur un parcours complet
  • Des maquettes détaillées des 3 interfaces (jeune / éduc / famille)
  • Une architecture technique sécurisée
  • Un pitch deck pour convaincre des financeurs

Pourquoi rejoindre notre projet ?

Parce que c'est concret. 300 000 jeunes en France qui galèrent. Si on réduit de 10% les ruptures de parcours, c'est des milliers de vies changées.

Techniquement, c'est un vrai défi : simplicité pour des jeunes en difficulté, sécurité maximale pour des données ultra-sensibles, interopérabilité avec des systèmes pas toujours modernes.

Si tu veux mettre tes compétences au service de quelque chose d'utile, rejoins-nous.


Porteur de projet